• Comme un jour sans toi

    Comme un jour sans toi, je m'étire

    Le long d'un soupir languissant

    Qu'un silence bavard déchire

    Au fond de mon cœur vieillissant.

     

    La ronde des heures futiles

    Prend beaucoup trop de place au temps.

    Tous mes messages infertiles

    Se cognent aux murs. Et j'attends.

     

    Dans le soir qui lève ses voiles,

    Je cherche mes rêves perdus.

    J'en ai vu filer, des étoiles,

    Sans mes vœux, qu'elles m'ont rendus.

     

    Ne chantes-tu plus sur la scène

    Où nos amours avaient brillé ?

    N'est-ce plus Paris que la Seine

    Embrasse sous le ciel brouillé ?

     

    Comme un jour sans toi, je résonne

    De tout ce que ta voix me tait.

    Je monologue, déraisonne...

    Demain n'est plus ce qu'il était.

     

    Dans le matin qui redessine

    Ce tourbillon que j'aimais tant

    Passe ton humeur bleu piscine

    Que surmonte un soleil distant.

     

     

     

     

    Comme un jour sans toi

    10088 © 2018

    « Ça casseDulac junior »

  • Commentaires

    1
    Samedi 3 Mars à 07:44

    Un oxymore qui en dit long sur  l'atmosphère  pesante de ces heures  .

    Très beau poème 

    Bon samedi 

    Bises 

      • Lundi 5 Mars à 18:00

        Oui, Gisèle, de ces heures aussi interminables que vides (ou vaines).

        Merci à toi. Bises et bon début de semaine.

        Fabrice

    2
    Samedi 3 Mars à 08:11

    Coucou. L'absence de l'être aimé sert le coeur, nous fait tourner en rond et rend la vie sans saveur. C'est magnifiquement exprimé. Merci Fabrice et belle fin de semaine à vous (on se tutoie?).

      • Lundi 5 Mars à 18:02

        Bonjour Dédé, oui, l'absence dévore surtout quand l'autre est quand même là mais n'est présent que physiquement.

        C'est moi qui te remercie. Oui, on se tutoie, d'ailleurs, je tutoie tout le monde en ligne, c'est bien plus simple.

        Belle semaine qui commence.

        Fabrice

    3
    Samedi 3 Mars à 09:00

    Comme c'est beau Fabrice.... Magnifique poème dont je viens de me délecter ! Merci.

    Bises et bon weekend

      • Lundi 5 Mars à 18:04

        Désolé pour la réponse tardive, weekend "virevoltant", on va dire... Merci en tout cas, Zaza. À très vite (je suis en retard dans mes visites). 

        Bises aussi.

        Fabrice

    4
    Samedi 3 Mars à 09:08
    eMmA MessanA

    "Demain n'est plus ce qu'il était." Ce vers me plait beaucoup...

      • Lundi 5 Mars à 18:06

        C'est aussi un vers que j'aime beaucoup. On fait toujours des plans sur demain, on s'imagine, mais c'est parce que c'est une façon d'y croire et de se mettre en route. Et puis, parfois le cours et la force des choses changent les repères qu'on s'était fixés. Oui, il arrive que demain ne soit plus ce qu'il était. Merci de ta lecture. Bises.

        Fabrice

    5
    Samedi 3 Mars à 14:30
    Séverine

    Superbe texte, tu me donnerais presque envie de revenir ! happy

      • Lundi 5 Mars à 18:07

        Ah, s'il suffisait de mots et de poésie pour changer la donne, je t'assure qu'on souffrirait moins en amour ! Merci, Séverine. Bonne semaine.

        Fabrice

    6
    Samedi 3 Mars à 14:33

    Un magnifique poème, Fabrice, si bien exprimé qu'il en devient difficile de le commenter.

      • Lundi 5 Mars à 18:07

        Je comprends ce que tu veux dire, Armonta. Il n'est pas forcément nécessaire de commenter, mais c'est gentil de laisser une trace de ton passage. Merci à toi.

        Fabrice

    7
    Samedi 3 Mars à 16:32

    C'est un magnifique poème Fabrice et j'espère que ce n'est pas un vécu......Les messages ne sont jamais infertiles, les mots reçut, reste gravés même si c'est sur le papier ils tortuent un jour ou l'autre.....Bisousssss

      • Lundi 5 Mars à 18:11

        C'est quand même du vécu, Renée. Pas au mot près, mais c'est une situation que j'ai déjà connue. Inconsciemment (ou pas), j'ai dû piocher un peu dans cette expérience-là pour écrire ce texte.

        Pour ce que tu dis des messages, je suis partagé. C'est vrai, les mots ont un pouvoir, mais s'effacent aussi beaucoup avec le temps. Certains restent, bien sûr, mais pour combien qui s'évaporent ? Et puis, ici, j'exprimais surtout ces mots inutiles qui ne trouvent aucun écho, qui sont formulés dans le vent, ne touchent et n'atteignent jamais la cible visée, et finissent donc par se cogner aux murs.

        Bises de même, belle semaine à toi. Et merci.

        Fabrice

    8
    Samedi 3 Mars à 16:55

    on plonge avec toi dans le spleen ..
    les mots nous bercent de mélancolie

    puis on se secoue comme un exorcisme très beau poème !bises

      • Lundi 5 Mars à 18:13

        C'est gentil de dire ça, Martine.

        Le spleen n'est jamais très loin de moi, j'admets. Je le trouve très inspirant.

        Merci donc d'être venue lire cela et d'avoir accepté la secousse ! Bises.

        Fabrice

    9
    Samedi 3 Mars à 19:54
    colettedc

    Suberbe poème, Fabrice, un plaisir de te lire !

    Bon week-end !

    Bises♥

      • Lundi 5 Mars à 18:14

        Tout le plaisir fut de l'écrire, mais surtout de vous le faire lire et de recevoir vos impressions, chère Colette !

        Merci à toi. Bises.

        Fabrice

    10
    Dimanche 4 Mars à 18:40
    letienne

    Un texte d'une beauté qui donne des frissons.
    Une phrase me plait particulièrement: De tout ce que ta voix me tait. Ça me touche, sans doute parce que j'ai aussi connu de longs silences au travres du regard de l'aimée. Mais sûr, les mots reviennet un jour, même s'il pleut, même si le jour s'enveloppe de brumes crasseuses.

    Quelle science des mots tu tiens au bout de ta plume, mon ami poète!
    Bises et bonne fin de dimanche.

      • Lundi 5 Mars à 18:17

        On a besoin de ces mots, de ces paroles, Étienne. On a beau dire, quand on s'aime, qu'il suffit de lire dans les yeux, ce n'est pas vrai, parce que ça ne dure qu'un temps, ça. On ne peut pas compter dessus pour construire et s'épanouir dans une relation. Les mots finissent donc par arriver, s'il doit y avoir une suite. Sinon, ils ne viennent jamais, et on tourne la page devenue blanche.

        Merci à toi. Oh la science des mots, que dire... Eh bien que dans ce cas, tu n'as RIEN à m'envier !

        Bises de même, bonne semaine.

        Fabrice

    11
    Lundi 5 Mars à 02:24
    kprice

    "Un mot et puis un autre", ce poème résonne dans un silence pesant de l'absence ... Le silence et l'absence, un étrange duo qui se conjugue trop bien parfois ... tu le dis si bien 

    Bisous Fabrice ... maintenant il va falloir trouver le sommeil  (c'est pas gagné wink2 )

     

     

     

      • Lundi 5 Mars à 18:19

        C'est sympa, kprice, d'avoir veillé tard pour venir me lire ! happy wink2

        Silence et absence, comme tu dis, se marient souvent très bien... Au fond, ils se ressemblent, et, qui se ressemblent...

        Bises à toi, bon lundi (ou ce qu'il en reste). 

        Fabrice

    12
    Lundi 5 Mars à 11:03

    Bonjour Fabrice,

    Là, tu nous gâtes. Tu t'es bien "appliqué" et voilà le résultat ! Félicitations.

     

    Juste une question à propos de "bleu piscine". Je ne vois pas bien ce que tu veux exprimer. Est-ce juste pour la rime ?

    J'aurais bien vu "bleu glycine" car, historiquement, les Grecs et les Romains croyaient que la glycine protégeait le bonheur conjugal.

     

    Feras-tu encore mieux la prochaine fois ? Ce sera difficile...

     

    Ed

      • Lundi 5 Mars à 15:51

        (suite)

        Merci de m'avoir expliqué la raison de ton "bleu piscine". Ainsi, ça se tient. Mon ressenti pour la piscine n'était pas le même que le tien, surtout quand Romy Schneider était sur le bord... (cf. le film de Jacques Deray) yes

      • Lundi 5 Mars à 18:25

        Merci, Ed, pour le bon point que tu m'accordes parce que je me suis "appliqué" (avec les guillemets). 

        Ta question autour du "bleu piscine" révèle parfaitement comment chacun s'approprie et ressent les choses. Nous ne mettons pas les mêmes projections, les mêmes images, derrière ce qui nous entoure. Et c'est ce qui, en poésie, rend celle-ci magique (allez, j'ose les grands mots !). Je connais le film de Jacques Deray (vu il n'y a pas si longtemps). Tu vois, si pour moi la piscine évoque le froid du carrelage, le bleu de ce carrelage (c'est souvent bleu une piscine), couleur froide même si elle est censée rappeler celle du lagon, l'humidité, elle me rappelle aussi celle dans laquelle Adjani se noie dans le clip "Pull marine"... Au fond, mon idée de la piscine est plutôt pas très positive (sourire). Alors qu'à toi, elle te fait immédiatement penser à Romy Schneider sous le soleil estival du sud... 

        Merci pour ta lecture attentive (comme toujours). Belle fin de journée.

        Fabrice

    13
    Lundi 5 Mars à 20:45

    qu'il est dur d'avoir à vivre ces heures loin de l'élu(e) de son coeur ... le monde en est tout chamboulé, le temps suspendu, le ciel assombri ...  tu le décris si bien !

    je me suis réinscrite à ta newsletter, je ne recevais plus l'annonce de la parution de tes articles ...

    amitié 

      • Lundi 5 Mars à 21:25

        Comme l'écrivait Lamartine, "un seul être vous manque et tout est dépeuplé"... Tout est dit dans cette phrase. J'ai surtout voulu évoquer l'absence en présence, c'est-à-dire la présence qui n'est que physique, diluée dans les silences. On serait surpris, je pense, de découvrir le nombre de couples dont les membres vivent côte à côte, l'un à côté de l'autre, sans plus rien avoir à se dire. C'est encore pire que l'absence tout court.

        Merci à toi, Marie-Claude. Belle soirée. Bises.

        Fabrice

      • Mardi 6 Mars à 07:58

        Tu fais bien de le souligner ... cela me rappelle le "vieux couple de mes parents" qui se chamaillait à longueur de journée pour un oui, pour un non, et nous nous disions en riant  qu'au-moins ils "étaient" encore l'un pour l'autre ...

        bonne journée

        amitié .

      • Mardi 6 Mars à 11:41

        Cela peut paraître lourd, de se chamailler à longueur de temps, si l'on ne s'arrête qu'au premier degré des choses, qui semble ne montrer que les tensions. Mais les couples qui vivent cela, justement (comme tu le dis à propos de tes parents), tiennent le silence meurtrier à l'écart, et sont encore dans la vie de leur union.

        Belle journée de même.

        Fabrice

    14
    Mardi 6 Mars à 07:33
    Chantal

    Bonjour Fabrice...Nectar chaud, fumant et parfumé….Rien de tel qu'une bonne tasse de café…pour se réveiller !

    C’est pour moi le plaisir du matin, lire les amis …le café à la main !

    Merci de nous donner ces jolies lignes ♥

    Gros bisous et bonne journée

      • Mardi 6 Mars à 11:38

        Tu l'as dit, Chantal ! Impossible de commencer une journée normalement sans un petit café ! C'est gentil de m'en avoir préparé un. Je t'accompagne.

        C'est moi qui te remercie de venir de bon matin cueillir mes lignes. Bises, belle journée.

        Fabrice

    15
    Mardi 6 Mars à 16:06
    celestine

    « La ronde des heures futiles

    Prend beaucoup trop de place au temps.

    Tous mes messages infertiles

    Se cognent aux murs. Et j'attends. »

     

    Que j'aime ces mots qui disent si bien la longue attente... Celle qui se cogne contre le silence...

    Bisous cher Fabrice.

    Céleste

      • Mardi 6 Mars à 22:17

        Oui, Célestine, quand le dialogue est rompu, quand deux ombres cohabitent, l'un attend un signe de l'autre (ou vice versa), et l'attente (quelle qu'elle soit, d'ailleurs) est toujours longue, elle se heurte ici au(x) silence(s) qui meuble(nt) peu à peu l'espace, prend de plus en plus de place. Deux êtres peuvent être tout proches et très éloignés en même temps dès lors que les ponts qui les reliaient s'effondrent. 

        Merci, bisous de même.

        Fabrice

    16
    Jeudi 8 Mars à 09:13

    Waouh ! Superbe écrit...

    17
    Vendredi 6 Avril à 09:53

    Le silence de l'absence, .. lourd à porter mais parfois le silence est là, comme un bastion entre deux êtres qui n'arrivent pas à le franchir. J'ai aimé chaque ligne de votre texte

      • Lundi 9 Avril à 16:40

        J'aime cette image du silence comme un bastion entre deux êtres qui n'arrivent pas à le franchir. Pas toujours évident de faire tomber certains murs qui séparent...

        Merci beaucoup Sedna.

        Fabrice

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