• L'été se meurt

     

    Le ciel troque son châle bleu

    Contre un léger manteau de laine,

    Son sourire s'écorne un peu

    Quand il s'allonge sur la plaine

    De tout son corps de porcelaine.

     

    Les écoliers traînent déjà

    Avec Pythagore et Verlaine ;

    Chanteront-il Rosa Rosa

    Sur leurs bancs, jusqu'à perdre haleine,

    À en avoir la coupe pleine ?

     

    Les rosiers reviennent du bal,

    Fatigués, gorgés de tristesse,

    Trimballant un état grippal

    Qui bouscule à grande vitesse

    Leur épineuse robustesse.

     

    Les coquelicots sont partis

    Embrasser les vents de poussières,

    Et les jours se font plus petits,

    Tractés par des aubes grossières

    Qui jurent telles des sorcières ;

     

    Il pleut, il pleut, bergère... Allons,

    Ne prends pas froid dans la clairière,

    Couvre tes pâles mamelons,

    Presse ton troupeau, ma guerrière,

    Surtout, ferme bien la barrière !

     

    Septembre au goût du vin tiré

    Nous raconte la fin d'un règne.

    Une couronne a chaviré ;

    L'été s'est pris une châtaigne,

    File à l'anglaise, et pleure, et saigne.

     

     

     

     

    L'été se meurt

    21522 © 2022

    « Marjorie

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  • Commentaires

    1
    Paradisalia
    Vendredi 9 Septembre à 13:00
    Encore une perle, que dis-je, un diamant que ce poéme...
    2
    Vendredi 9 Septembre à 13:58

    A tour de rôle les saisons se succèdent, et si on a un gros faible pour l'été, il nous faudra composer avec les autres aussi, bon mois de septembre, bises

    3
    Vendredi 9 Septembre à 14:34

    tout y est, c'est bien la fin de l'été, même la couronne d'Angleterre a changé de tête !

    amitié .

    4
    Vendredi 9 Septembre à 15:21

    Bonjour Fabrice, 

    Si l'automne nous ramène tes si beaux poèmes, nous voilà gâtés ! J'apprécie particulièrment cette fin d'été que tu nous contes..

    Amitiés et bises poétiques.

    Annie

    5
    Vendredi 9 Septembre à 20:56

    L'été mordant n'a que trop duré.
    Pas une seule balade sur les rives de la Loire asséchée: ça m'aurait fait pleurer.
    Alors, l'automne triste peut venir chargé de pluie pour mouiller son ombrelle chamarrée.
    J'aurai le sourire aux lèvres pour border ma chanson.
    C'est doux comme un bonbon au miel, et ça fait du bien.

    Bises poète.

    6
    gazou
    Vendredi 9 Septembre à 21:30

    C'est un plaisir de te lire à nouveau

    7
    Samedi 10 Septembre à 04:34
    colettedc

    Bonjour Fabrice,

    Que c'est agréable de te relire !!! Superbe comme toujours, que ce poème. Oui, même s'il fait encore beau et chaud, l'été s'achève pour faire place à un bel automne coloré. Ainsi vont les saisons et ainsi va la vie ...

    Bon week-end tout entier,

    Bises

    8
    Samedi 10 Septembre à 11:34

    Un charmant poème sur cette fin d'été et la pluie salvatrice.. j'aime beaucoup la chute , reflet d'actualité.. bravo pour tes mots si bien choisis..un bel écrin pour l'automne

    9
    Mercredi 21 Septembre à 15:20
    Renée

    Magnifique encore..Désolée du retard de passage mais...Bisous

    10
    Lundi 26 Septembre à 09:28

    Magnifique !!!!!

    Tu es décidément un vrai et grand poète !

    Quel bonheur à lire.

    Christelle.

    11
    Mercredi 5 Octobre à 10:53

    Comme c'est beau ... Une ode à l'été qui se meurt .. Bonne journée

    12
    Jeudi 13 Octobre à 11:15
    Célestine

    Tu es bien silencieux, cher poète.

    Rien de grave, j'espère.

    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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