• La promesse

    J'étais jeune et joli, maman.

    J'avais toute la vie offerte

    À mes rêves en fleurs, maman.

    Et la fougue insolemment verte.

     

    Tu me disais toujours : tu sais,

    Le plus dur, c'est d'ouvrir les portes.

    Non de les rencontrer. Tu sais,

    Il en est de toutes les sortes.

    Et chacune a sa propre clé.

    Si déjà tu t'en trouvais une...

    Mieux vaut un verrou débouclé

    Qu'écrire des plans sur la lune !

     

    Il volait dans mon cœur, maman

    Des papillons, des hirondelles...

    Le printemps tapageur, maman,

    Promettait l'or à mes chandelles.

     

    J'en ai trouvé des clés, tu sais.

    J'en ai visité des serrures,

    Des chambres, des salons, tu sais.

    J'en ai caressé des dorures

    Sous les grands lustres de juillet,

    Dans les champs d'août couronnés d'ambre,

    Mais... La paille d'un nid douillet

    Manque encore. Et s'en vient septembre.

     

    Je crains d'être trop mûr, maman,

    Comme un fruit oublié ; la messe,

    Serait-elle dite, maman ?

    Que reste-t-il de la promesse ?

     

    Quand je vois ce trousseau de clés

    Devenu si lourd pour ma poche,

    Je pense à mes devoirs bâclés,

    À tout ce que je me reproche ;

    S'il se cache un été indien

    Derrière les ultimes portes,

    Je le croquerai mieux que bien,

    Avant le temps des feuilles mortes.

     

     

     

     

     

     

     

     

    10228 © 2018

    « Zorro des autresÀ la bonne heure »

  • Commentaires

    1
    Mardi 10 Avril à 03:12
    colettedc

    Oh ! Quelles sont lourdes, ces clés ; à en défoncer les poches !!! 

    Cependant, elles sont une bonne source de réflexion, Fabrice !

    Bon mardi !

    Bises♥

    2
    Mardi 10 Avril à 07:32
    J'aime beaucoup ce poème. Ce ne sont que des clés mais que de sentiments de troubles de peines et de joies cachés derrière les portes qu'elles peuvent ouvrir.
    3
    Mardi 10 Avril à 08:07
    Ne pas avoir de regrets de ne pas avoir su ouvrir toutes les portes. Les regrets ne font qu'alourdir le coeur et ne servent à rien. Poème sensible, un brin nostalgique. Merci pour tes mots et bises alpines.
    4
    Mardi 10 Avril à 08:41

    Pas de regrets devant ce temps qui passe ... Que c'est joliment dit ! Merci, Fabrice.

    Loïc

    5
    Mardi 10 Avril à 10:09

    Comme j'aime ce poème Fabrice, faire d'un trousseau de cléfs, un poème de reflexion , c'est du talent.

    Tu as l'âme d'un poète Fabrice...........Merci pour ce partage plaisir.......

    6
    Mardi 10 Avril à 11:41

    Superbe poème,  j'aime beaucoup ta réflexion nostalgique .

    Bonne journée 

    bises 

    7
    Mardi 10 Avril à 14:08

    L'espoir nous transe-porte

    on fait du porte à porte

    le vent nous emporte

    mais qu'importe

    unu journée...par la grande porte...

    on ira tous au paradis

    c'est Polnareff qui le dit!

    J'adore te lire! Merci et gros Câlinsss!!!

    8
    Mardi 10 Avril à 16:10
    Renée

    Fabrice....c'est juste......... magnifique merci. Bisous

    9
    Mardi 10 Avril à 18:04
    celestine

    Splendide poème qui touche à la symbolique des clés, que j'apprécie particulièrement.

    Merci beaucoup Fabrice, d'enluminer ainsi mon retour à la blogosphère.

    J'adore ton arbre fleuri.

    ¸¸.•*¨*•

     

    10
    Mardi 10 Avril à 18:17

    qu'il est beau ce poème, je fais souvent allusion à ces portes qui pour moi sont ouvertes (pas de lourdeur de trousseau ...) mais que l'on peut franchir par curiosité quitte à revenir sur ses pas si la découverte ne nous sied pas ... je disais à mes fils "vous êtes la pointe d'un compas qui trace la circonférence 360° vous entourent ... partez découvrir  ...

    ton approche gracieuse atteindra ton été indien dont tu sauras profiter !

    amitié .

    11
    Ed
    Mercredi 11 Avril à 10:21

    Bonjour Fabrice,

    Très belle allégorie, très agréable à lire.

    Nous passons devant bien des portes pendant notre existence ; certaines restent fermées (parfois, nous le regrettons), d'autres s'ouvrent (et parfois, elles nous donnent des remords). Mais une seule clé importe, celle du paradis... terrestre (l'autre est trop hypothétique à mon goût). La saison de son ouverture importe peu, derrière c'est toujours le printemps. Aie confiance.

     

    En dépit de la beauté de ton texte, je me dois de te signaler quelques points "techniques" :

    5e vers : une faute de fappe ;

    10e vers : un hiatus (tu sais que je ne les aime pas) ;

    20e vers : pourquoi mets-tu "des dorures" entre virgules ?

    quant à "l'été indien", c'est bien sûr un hiatus mais l'expression est devenue tellement courante que je peux l'admettre sans problème.

     

    Bonne journée.

    12
    Mercredi 11 Avril à 23:27
    Je découvre ta poésie avec un grand plaisir. Bravo
    13
    Jeudi 12 Avril à 10:37

    Très bon sujet.. les portes peuvent être associées à tant de moments de l'existence, de personnes.. j'aime beaucoup votre écriture découverte il y a peu. A bientôt, alors, dès qu'internet vous ouvrira sa nouvelle porte..

    14
    Jeudi 12 Avril à 11:51

    coucou Fabrice  

      le printemps est sur ton blog j'♥

     ces fleurs qui  font miroiter nos yeux!!

     et  je te souhaite une belle clef qui t'ouvre la bonne porte!!

    hih moi je n'ai pas trop ouverts de portes!! 

     mais  celles des champs oui, ah moi la liberté

     tant que je pourrais marcher

    petite pause alors, internet oblige

     alors va te balader plus 

     bonne journée

     bises

     

    15
    Jeudi 12 Avril à 15:04
    16
    Jeudi 12 Avril à 16:46

    Le texte est superbe, quoique le thème soit un tantinet tristounet. J'aime beaucoup.

    17
    Samedi 14 Avril à 18:46

    si cela doit se faire, cela se fera ..
    déjà avoir le coeur en attente , c'est un énorme pas !

    bises et bonne semaine

    18
    Dimanche 15 Avril à 20:33

    On oublie toujours d'ouvrir certaines portes ou bien on se trompe de clés . Un beau poème émouvant . Bonne soirée

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