• Le paon et la bernache

    Le paon et la bernache

     

    Il fait la roue avec panache

    Afin qu'elle lui tourne autour.

    Il sait qu'elle est une bernache,

    Qu'elle n'a jamais roulé pour...

    Un paon, mais entend bien lui plaire.

     

    Tourne la roue, et tu l'auras...

     

    Devant sa beauté déployée,

    Dont chacun reconnaît l'ampleur,

    La concurrence, renvoyée

    À ses plumettes sans valeur,

    Mâchonne une sourde colère.

     

    Tourne la roue, et tu l'auras...

     

    Froide et distante, la bernache

    Le toise d'un regard en coin ;

    Si tape-à-l’œil, tout ce panache

    Bon pour le buzz et le tintouin,

    Pour elle, trop spectaculaire !

     

    Tourne la roue, et tu l'auras...

     

    Le paon ne se démonte guère,

    Fait vibrer son arrière-train ;

    Trouvant cela lourd et vulgaire,

    L'oiselle desserre son frein :

    Apprends enfin qu'on peut déplaire !

     

    La roue a tourné... Patatras !

     

    Confus, penaud, Monsieur Superbe

    Se prend dans sa queue-éventail

    Le vent de sa vie, et c'est l'herbe

    D'à côté – celle du bétail –

    Qu'il reste à brouter... la-la-lère !

     

     

     

     

    Le paon et la bernache   Le paon et la bernache

    20710 © 2020

    « Mylène MicotonUn air d'été »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 18 Juin à 00:24

    Bonsoir Fabrice...   trop sûr de soi et un jour,  bec dans l'eau ! Bon jeudi à toi, bises

    2
    Jeudi 18 Juin à 08:37

    J'aime beaucoup tes textes où, entre les lignes, on rencontre tellement d’attitudes, de sentiments, la vie ..

    3
    Jeudi 18 Juin à 14:44

    Un tres beau poème et une belle leçon pour ceux qui croient que l'apparence et le clinquant  priment sur tout 

    Bonne journée 

    Bises 

    4
    Jeudi 18 Juin à 16:08
    Renée

    On a beau être sûr ou même super bien présenter rien n'est jamais gagné! Bisous Fabrice

    5
    Jeudi 18 Juin à 17:07

    Il trémule du popotin,

    A l'intelligence caudale,

    Ce pauvre paon n'est qu'un crétin,

    Alors pour emballer... Que dalle !

     

    Mon Dieu, comme il faut être sot

    Pour présumer qu'une bernache,

    Qu'un membre du "gentil sesso",

    D'un tel bellâtre s'amourache.

     

     

     

     

     

    6
    Jeudi 18 Juin à 20:38

    Et oui, l'apparence ne fait pas tout.
    L’esbroufe c'est pour les balourds.
    Comme ta plume mène bien le discours!
    Un régal!

    Bonne soirée Fabrice.

    7
    Vendredi 19 Juin à 05:15
    colettedc

    Avisée, madame la bernache ! On ne l'y prendra pas ! L'apparence, elle s'en soucie guère !!! Magnifique poème, Fabrice !

    Bon vendredi,

    Bises♥

    8
    Vendredi 19 Juin à 06:40

    Bien sûr de lui ce paon vaniteux ! Joli fable Fabrice.

    Bises et bon samedi

    9
    Vendredi 19 Juin à 11:24

    tout pareil au "Héron" de La Fontaine, ce paon dédaigneux de la bernache finira sa vie bien seul ...

    amitié .

    10
    Vendredi 19 Juin à 11:54

    Des lignes bien menées une fois de plus cher poète, douce journée à toi :)

    11
    Vendredi 19 Juin à 14:58

    La beauté ne fait pas tout, le paon l'apprend à ses dépends !!!

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