• Le tiroir aux photos

     

     

    Dans ce tiroir sont rangés les textes suivants, que m'ont inspirés des photos trouvées sur Internet :

       

        Impatiences

        La captive

        La promesse

        Mets ta belle robe

     

  •  

    Bien sûr, la campagne est splendide

    Dans son costume smaragdin,

    Et Phébus, qui n'est plus timide,

    Courtise les fleurs du jardin.

     

    Bien sûr, papillons et mésanges

    Tracent des cerceaux enjoués

    Sur le grand tableau bleu des anges ;

    Les brouillards sont désavoués.

     

    Bien sûr, le doux refrain qu'Éole

    Sifflote enchante tout le pré,

    Et l'abeille, en son alvéole,

    Voit la vie en rose et doré.

     

    Mais la maison fait grise mine.

    Elle attend toujours ses enfants ;

    Les deux aînés, la benjamine,

    Leurs jeux et rires triomphants.

     

    Bien sûr, nous brûlons d'impatience

    De retrouver les bruits heureux,

    La musique de l'insouciance,

    Le goût des dîners chaleureux...

     

    * * *

     

    La menace qui fanfaronne

    Rend plus obscurs les lendemains ;

    Covid a toujours sa couronne

    Qui plane sur tous les chemins.

     

     

     

     

    Impatiences

     

     

     

     

    Impatiences

    20580 © 2020


    19 commentaires
  •  

    J'étais jeune et joli, maman.

    J'avais toute la vie offerte

    À mes rêves en fleurs, maman.

    Et la fougue insolemment verte.

     

    Tu me disais toujours : tu sais,

    Le plus dur, c'est d'ouvrir les portes.

    Non de les rencontrer. Tu sais,

    Il en est de toutes les sortes.

    Et chacune a sa propre clé.

    Si déjà tu t'en trouvais une...

    Mieux vaut un verrou débouclé

    Qu'écrire des plans sur la lune !

     

    Il volait dans mon cœur, maman

    Des papillons, des hirondelles...

    Le printemps tapageur, maman,

    Promettait l'or à mes chandelles.

     

    J'en ai trouvé des clés, tu sais.

    J'en ai visité des serrures,

    Des chambres, des salons, tu sais.

    J'en ai caressé des dorures

    Sous les grands lustres de juillet,

    Dans les champs d'août couronnés d'ambre,

    Mais... La paille d'un nid douillet

    Manque encore. Et s'en vient septembre.

     

    Je crains d'être trop mûr, maman,

    Comme un fruit oublié ; la messe,

    Serait-elle dite, maman ?

    Que reste-t-il de la promesse ?

     

    Quand je vois ce trousseau de clés

    Devenu si lourd pour ma poche,

    Je pense à mes devoirs bâclés,

    À tout ce que je me reproche ;

    S'il se cache un été indien

    Derrière les ultimes portes,

    Je le croquerai mieux que bien,

    Avant le temps des feuilles mortes.

     

     

     

     

     

     

     

     

    La promesse

    10228 © 2018


    36 commentaires
  •  

    Mets ta belle robe, et cours-y,

    Vers cet horizon qui t'appelle,

    Avant qu'on n'amasse à la pelle

    Les feuilles d'automne, cours-y,

    Et profite de la balade ;

    Ta mère n'est plus si malade !

     

    Mets ta belle robe, et va-t-en

    Trouver au bal un joli prince,

    N'attends pas qu'un mouchoir se rince

    À l'eau de tes regrets, va-t-en

    Prendre la part que tu mérites ;

    Tes sœurs ne sont plus si petites !

     

    Mets ta belle robe, il est temps

    Que tu sois enfin égoïste,

    Pousse une porte à l'improviste

    Sans penser que tes quarante ans

    Devraient t'empêcher d'être heureuse ;

    Je te sens prête et désireuse...

     

    Désireuse de liberté,

    D'amour et de légèreté.

     

    Mets ta belle robe, et résiste

    Aux chuchotements malveillants,

    Aux ricanements effrayants,

    Crois, plus fort que tout, qu'il existe

    Un avenir bien mieux placé

    Que celui que l'on t'a tracé !

     

     

     

     

    Mets ta belle robe

     

     

     

     

    Mets ta belle robe

    10198 © 2018


    41 commentaires
  •  

    J'aimerais être libre, au moins une journée,

    Une heure, une minute ; oublier mon destin,

    Mon pré carré, mon île, où je passe l'année

    À battre le pavé pour un bonheur lointain

    Dont l'image est vouée à vivre condamnée.

     

    J'aimerais, comme vous, partir me promener,

    Humer l'air de la rue aux senteurs composites,

    M'offrir à la rumeur, pouvoir embobiner

    Ses échos, ses couleurs, autour de mes visites,

    Autour de mes exils, et puis, papillonner.

     

    J'aimerais voir danser les enfants du tumulte,

    Leur emboîter le pas sur la piste aux espoirs ;

    Que leur valse me happe, ou, mieux, me catapulte

    Vers des matins sans murs, loin des quatre butoirs

    Que sont mes coins perdus, que chaque ailleurs occulte.

     

    Mais je demeure ici, plate comme l'ennui,

    Sous vos regards blasés tout en carreaux de verre.

    Et si quelque chaleur jaillit d'eux quand la nuit,

    Sans trembler du talon, me piétine, il s'avère

    Qu'il faut à vos sommeils ce plein noir qui me nuit.

     

    Vous pensez sûrement : de quoi donc se plaint-elle ?

    Les grands peintres du ciel lui font de beaux tableaux,

    La couvrent d'or, d'argent, de laine, de dentelle... 

    Bien sûr qu'un ange peut se répandre en sanglots ;

    Est-ce trop cher payé pour une œuvre immortelle ?

     

    Seulement, tout cela, vous l'avez, vous aussi...

    À ces peintres du ciel, leur dites-vous merci ?

     

    J'aimerais être libre, au moins une journée,

    Une heure, une minute ; oublier que je suis

    Cette cour à son sort asservie, enchaînée.

    Dans mon rêve obsédant, je marche, je vous suis,

    L'âme en plume d'oiseau, jamais plus bétonnée.

     

     

     

     

    La captive

     

     

     

     

    La captive

    10138 © 2018


    37 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique