• Le tiroir aux phototextes

     

     

    Dans ce tiroir sont rangés les textes suivants, que m'ont inspirés des photos trouvées sur Internet :

        La captive

        La promesse

        Mets ta belle robe

     

  • J'étais jeune et joli, maman.

    J'avais toute la vie offerte

    À mes rêves en fleurs, maman.

    Et la fougue insolemment verte.

     

    Tu me disais toujours : tu sais,

    Le plus dur, c'est d'ouvrir les portes.

    Non de les rencontrer. Tu sais,

    Il en est de toutes les sortes.

    Et chacune a sa propre clé.

    Si déjà tu t'en trouvais une...

    Mieux vaut un verrou débouclé

    Qu'écrire des plans sur la lune !

     

    Il volait dans mon cœur, maman

    Des papillons, des hirondelles...

    Le printemps tapageur, maman,

    Promettait l'or à mes chandelles.

     

    J'en ai trouvé des clés, tu sais.

    J'en ai visité des serrures,

    Des chambres, des salons, tu sais.

    J'en ai caressé des dorures

    Sous les grands lustres de juillet,

    Dans les champs d'août couronnés d'ambre,

    Mais... La paille d'un nid douillet

    Manque encore. Et s'en vient septembre.

     

    Je crains d'être trop mûr, maman,

    Comme un fruit oublié ; la messe,

    Serait-elle dite, maman ?

    Que reste-t-il de la promesse ?

     

    Quand je vois ce trousseau de clés

    Devenu si lourd pour ma poche,

    Je pense à mes devoirs bâclés,

    À tout ce que je me reproche ;

    S'il se cache un été indien

    Derrière les ultimes portes,

    Je le croquerai mieux que bien,

    Avant le temps des feuilles mortes.

     

     

     

     

     

     

     

     

    La promesse

    10228 © 2018


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  • Mets ta belle robe, et cours-y,

    Vers cet horizon qui t'appelle,

    Avant qu'on n'amasse à la pelle

    Les feuilles d'automne, cours-y,

    Et profite de la balade ;

    Ta mère n'est plus si malade !

     

    Mets ta belle robe, et va-t-en

    Trouver au bal un joli prince,

    N'attends pas qu'un mouchoir se rince

    À l'eau de tes regrets, va-t-en

    Prendre la part que tu mérites ;

    Tes sœurs ne sont plus si petites !

     

    Mets ta belle robe, il est temps

    Que tu sois enfin égoïste,

    Pousse une porte à l'improviste

    Sans penser que tes quarante ans

    Devraient t'empêcher d'être heureuse ;

    Je te sens prête et désireuse...

     

    Désireuse de liberté,

    D'amour et de légèreté.

     

    Mets ta belle robe, et résiste

    Aux chuchotements malveillants,

    Aux ricanements effrayants,

    Crois, plus fort que tout, qu'il existe

    Un avenir bien mieux placé

    Que celui que l'on t'a tracé !

     

     

     

     

    Mets ta belle robe

     

     

     

     

    Mets ta belle robe

    10198 © 2018


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