• Le tiroir sans nom

     

     

    Dans ce tiroir sont rangés les textes suivants :

        À la bonne heure

        Beautés

        Comme un jour sans toi 

        Está nevando

        Il y a quelque chose qui cloche !

        Jusqu'à quand ?     

        La gagne

        La veuve du soleil

        L'échange

        Le dîner

        Les dimanches

        Les hirondelles

        Les mois sombres

        Les petits riens

        Les rides

        Lunes libertines 

        Mes nuits de rêve

        Nos antipodes

        Toi et moi   

        Zorro des autres

  • Un oiseau, sur la branche,

    A trillé tout le jour.

    Voici que se déhanche,

    Au-dessus de la cour,

    En nuisette marine,

    La veuve du soleil.

     

    Un escadron débarque

    En uniforme d'or

    Pour veiller le monarque ;

    Le grand bazar s'endort

    Sous l’œil de la tzarine,

    La veuve du soleil.

     

    L'oiseau ferme son arbre,

    Son ramage s'éteint ;

    Un silence de marbre,

    Revenu du lointain,

    L'air de rien, endoctrine

    La veuve du soleil.

     

    C'est l'heure qu'un poète

    Choisit pour s'arracher

    À sa torpeur muette ;

    Il espère coucher

    Sur sa page ivoirine

    La veuve du soleil.

     

    Un autre oiseau hulule.

    Un chien hurle à la mort.

    Un saule en pleurs pendule

    Au vent du nord qui mord.

    Pourtant, rien ne chagrine

    La veuve du soleil.

     

    Le poète s'empresse

    De tendre un traquenard

    À la belle négresse,

    Qui tombe dans son art ;

    Voici mise en vitrine

    La veuve du soleil.

     

    Quand l'aube doit renaître,

    Le roi ressusciter,

    L'oiseau bleu se remettre

    À triller, à chanter,

    Par le levant citrine,

    La veuve du soleil,

    Quoi qu'imagine et fasse

    Le poète, s'efface.

     

     

     

     

    La veuve du soleil

    10368 © 2018


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  • La lune du lundi

    Est pleine de gaieté,

    La lune du mardi

    Est rousse de beauté...

     

    Quartier libre à minuit

    Sur le mur clandestin ;

    Les ombres de l'ennui

    S'éclipsent au lointain...

     

    Lune du mercredi,

    Ton halo me dit : viens !

    J'étais tout engourdi,

    Tu me défais les liens.

     

    Quartier libre à minuit

    Sur le mur clandestin ;

    Les ombres de l'ennui

    S'éclipsent au lointain...

     

    La lune du jeudi

    Est gibbeuse d'ardeur,

    Celle du vendredi

    Est ronde d'impudeur...

     

    Quartier libre à minuit

    Sur le mur clandestin ;

    Les ombres de l'ennui

    S'éclipsent au lointain...

     

    Lune du samedi,

    Sache qu'aucun croissant

    Du dimanche midi

    N'est plus appétissant

    Que toi, je te promets.

    Montre-moi tes sommets.

     

    Quartier libre à minuit

    Sur le mur clandestin ;

    Les ombres de l'ennui

    Attendront le matin...

     

     

     

     

    Lunes libertines

    10348 © 2018


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