• Bien sûr, il est jaloux

    De tous ces jeunes loups

    Qui pourraient la lui prendre

    Et ne plus la lui rendre !

     

    Bien sûr, sa Jeanneton,

    Comme le dit tonton,

    Est encore très belle !

    Et son fusil rebelle

    Ne peut pas la sangler,

    Ne peut pas tout régler.

     

    Mais pendant qu'elle exulte,

    Pendant qu'elle l'insulte

    En cachette, à Barbès,

    Au lit de Mercédès,

    Fait-il du repassage ?

    Croyez-vous qu'il est sage ?

     

    Il ferme les volets,

    Puis, s'ouvre des onglets,

    Des fenêtres complices

    Sur l'écran des délices...

     

    Après l'échauffement,

    Il glisse allègrement

    Dans toute la souplesse,

    Dans toute la faiblesse

    Du joli troufignon

    De son péché mignon ;

     

    Gentille Clitorine

    Aux yeux aigue-marine,

    Femme-objet de latex

    Des orteils au vertex,

    Gonflée à l'air du vice,

    A le sens du service.

     

     

     

     

    Gonflée   Gonflée

    écrit pour la cour de récré de Jill Bill

    10398 © 2018


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  • J'étais roux, j'étais rond,

    Souvent le dernier de la classe...

    Jusqu'à mes dix-huit ans,

    Je pataugeais dans la mélasse.

     

    Tête de potiron,

    Qu'on me surnommait au village...

    Pas si simple, à sept ans,

    De se sentir en décalage !

     

    J'étais le laideron,

    Pire ! Une erreur de la nature !

    Mes parents maltraitants

    Me choyaient à coups de ceinture.

     

    C'était lui, le fleuron,

    Le préféré de la famille,

    Le plus beau pour longtemps,

    Mon cadet blondinet, Camille.

     

    Moi, j'étais le mouron,

    Le souci, le bâtard, le chancre,

    Sans bac à dix-huit ans,

    Petit vaurien, graine de cancre...

     

    Chaque fois qu'un juron

    Imprimait en moi son empreinte,

    Les lendemains chantants

    S'éloignaient, semblaient hors d'atteinte.

     

    J'étais roux, j'étais rond,

    Timide, et n'attirais personne

    Jusqu'à mes vingt-sept ans.

    Puis, un jour, j'ai quitté l'Essonne...

     

    Tête de potiron,

    Moins rond, presque chauve, a su plaire

    Aux yeux si consentants,

    Si bleus, d'une fille exemplaire.

     

    Je m'appelle Aaron.

    J'habite Porte d'Italie.

    Je viens d'avoir trente ans.

    Demain, j'épouse Nathalie.

     

     

     

     

    Tête de potiron   Tête de potiron

    écrit pour la cour de récré de Jill Bill

    10388 © 2018


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