• Ôtez l'eau qui mouille vos cils,

    Ôtez-la, séchez votre peine,

    Ou vous remplirez des barils

    À la fin, pauvre madeleine...

     

    Ce nigaud, ce prince promis,

    Croit que vous tâtez un autre homme

    Dans son dos – l'un de ses amis,

    Alors vous pleurez, pauvre pomme...

     

    Vous voulez monter, je le sais,

    Vous consoler auprès des anges ;

    Allons ! Si je vous embrassais,

    Nous ferions de belles vendanges !

     

    N'attirez pas votre trépas

    Sur les fleurs de votre couronne,

    Pensez qu'il ne mérite pas

    Que vous soyez sa Desdémone !

     

    La rumeur a manipulé

    Cet Othello de bas étage ?

    Dès lors qu'il a capitulé,

    Prenez-moi comme un avantage ;

     

    Ôtez l'eau de chagrin du fond

    De vos mirettes si jolies,

    Venez, j'ai dans mon carafon

    Du vin pour mille ans de folies ;

     

    Laissez-le donc faire le mort

    À Venise, où son âme aigrie

    Se gondolera dans le port,

    Et que Cupidon nous marie !

     

     

     

     

    Le mort à Venise   Le mort à Venise

    pour la cour de récré de Jill Bill

    10298 © 2018


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  • C'est la nuit que je vole,

    Que je plane au-dessus du temps ;

    Je vole

    Dans des zéphyrs virevoltants.

     

    À l'horizon, point de frontière !

    Le voyage semble infini,

    Et j'embrasse la lune entière

    Qui me suit en catimini...

     

    C'est la nuit que je laisse

    Sous les draps froids tes bras absents ;

    Je laisse

    Dormir en eux mes mauvais sangs.

     

    Au bout de mes ailes j'accroche

    Les fanions de la liberté,

    Et le paradis se rapproche

    À l'heure où tu m'as déserté.

     

    C'est la nuit que je cherche

    À triompher de notre mort ;

    Je cherche

    Un petit peu de réconfort.

     

    Les mille et un corps que j'arpente

    Dans ton dos célèbrent le mien...

    Et tant pis si mon cœur déchante,

    Puisque tu m'ouvres moins le tien.

     

    C'est la nuit que je joue

    À m'éloigner de ton chemin ;

    Je joue

    À des bonheurs sans lendemain.

     

    Le jour qui revient me confisque

    Mes tickets, mes laissez-passer.

    Et nous tournons sur un vieux disque

    Que j'aimerais oser casser.

     

     

     

     

    Mes nuits de rêve

    10288 © 2018


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