• Quand les hirondelles

    Seront infidèles,

    Quand le doux printemps,

    Celui que j'attends

    Le cœur dans la poche,

    Restera sous cloche

    Loin de mon perron,

    Loin de mon giron,

    Quand les belles roses

    Ne diront leurs proses

    Qu'aux gais papillons

    Traçant des sillons

    Dans l'air des chimères

    Où mes fleurs amères

    Jamais n'écloront,

    Jamais ne vivront,

    Quand la tendre brise,

    Sentant la cerise

    Et le foin coupé,

    Aura dérapé

    Vers des paysages

    Fermés à mes âges

    De plus en plus lourds,

    De plus en plus gourds,

    J'aurai le courage

    De doper ma rage

    De vivre, en quittant

    L'hiver persistant ;

    Je prendrai la route,

    Ce, coûte que coûte,

    Jusqu'à cet endroit,

    Ce certain endroit

    Où j'aurai moins froid...

     

    Mais les hirondelles

    Sont toujours fidèles ;

    C'est toi que j'attends,

    À chaque printemps.

     

     

     

     

    Les hirondelles

    10278 © 2018


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  • L'après-midi se penche

    Tel un arbre épuisé

    Sur un autre dimanche

    Qui s'est amenuisé.

     

    Et tout se pellicule

    D'un linceul empourpré.

    Et tout se crépuscule

    Autour du petit pré.

     

    Phébus, blasé, s'épanche

    Sur sa course à vau-l'eau ;

    L'avant-soir le démanche,

    L'éparpille au tableau

    Du ciel de la vallée

    En poussière étoilée.

     

    L'après-midi n'est plus

    Qu'une braise mourante

    Dévalant le talus

    Jusqu'au fleuve amarante.

     

    Que les courants matois

    L'avalent sans attendre ;

    J'ai hâte que les toits

    S'aubent de rose tendre !

     

    Les dimanches complus

    Dans leur mornes silences

    Toujours plus absolus

    Dérèglent mes balances ;

    Ils me laissent marri

    Pour être à ton mari.

     

     

     

     

    Les dimanches

    10268 © 2018


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