• Elle se dessine un contour

    D'un rouge cerise à sa bouche ;

    Günther, qui dit trois fois bonjour

    En passant, voudrait faire mouche.

     

    Cause toujours... La Jeanneton, dit-on,

    Ne se préoccupe que d'elle !

     

    Elle se flatte le nombril,

    Se mire dans l'eau de la mare ;

    La trouvant belle aussi, Djibril

    Peut oser tout son tintamarre.

     

    Chante toujours... La Jeanneton, dit-on,

    N'entend personne d'autre qu'elle !

     

    Elle confie à son reflet

    Combien les filles sont jalouses ;

    Elle en rit, tandis que Stanley

    Joue à Béjart sur les pelouses.

     

    Danse toujours... La Jeanneton, dit-on,

    Ne voit personne d'autre qu'elle !

     

    Elle lorgne sur un pommier

    La rondeur de son fruit fétiche ;

    Gaspard arrive le premier

    Pour le lui cueillir, pensant : chiche !

     

    Rêve toujours... La Jeanneton, tonton,

    Monte elle-même sur l'échelle !

     

    Aime-t-elle à ce point l'effort ?

    Crois-le, moi, je ne suis pas dupe...

    C'est qu'elle pratique ce sport

    Pour qu'on regarde sous sa jupe !

     

     

     

     

    Jeanneton et les garçons   Jeanneton et les garçons

    pour la cour de récré de Jill Bill

    10338 © 2018


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  • Et l'été descend lentement

    La pente des jours qui se rognent,

    Tutoyant son abattement

    Au ras des gazons qui s'ivrognent ;

     

    Les sols, de plus en plus souvent,

    Boivent les chagrins des nuages,

    La saison bleue entre au couvent

    En emportant dans ses bagages

    La douceur des soirs que j'aimais

    Et leurs parfums que je humais.

     

    À mon tour aussi je chemine

    Vers mes mondes d'enfermement ;

    Le téléviseur me domine,

    Le lit m'attache fermement.

     

    S'ils me laissent dans la journée

    Partir beurrer mes épinards,

    Lorsque s'achève ma tournée

    Je tombe dans les traquenards

    Qu'ils me tendent au crépuscule

    Du haut de ma chaise à bascule ;

     

    Durant les mois sombres je vis

    De mes trésors de patience,

    Certain qu'il reviendront ravis

    Les oiseaux de l'insouciance.

     

     

     

     

    Les mois sombres

    10328 © 2018


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