• La veuve du soleil

    Un oiseau, sur la branche,

    A trillé tout le jour.

    Voici que se déhanche,

    Au-dessus de la cour,

    En nuisette marine,

    La veuve du soleil.

     

    Un escadron débarque

    En uniforme d'or

    Pour veiller le monarque ;

    Le grand bazar s'endort

    Sous l’œil de la tzarine,

    La veuve du soleil.

     

    L'oiseau ferme son arbre,

    Son ramage s'éteint ;

    Un silence de marbre,

    Revenu du lointain,

    L'air de rien, endoctrine

    La veuve du soleil.

     

    C'est l'heure qu'un poète

    Choisit pour s'arracher

    À sa torpeur muette ;

    Il espère coucher

    Sur sa page ivoirine

    La veuve du soleil.

     

    Un autre oiseau hulule.

    Un chien hurle à la mort.

    Un saule en pleurs pendule

    Au vent du nord qui mord.

    Pourtant, rien ne chagrine

    La veuve du soleil.

     

    Le poète s'empresse

    De tendre un traquenard

    À la belle négresse,

    Qui tombe dans son art ;

    Voici mise en vitrine

    La veuve du soleil.

     

    Quand l'aube doit renaître,

    Le roi ressusciter,

    L'oiseau bleu se remettre

    À triller, à chanter,

    Par le levant citrine,

    La veuve du soleil,

    Quoi qu'imagine et fasse

    Le poète, s'efface.

     

     

     

     

    La veuve du soleil

    10368 © 2018

    « Intime convictionLe scoop du curé »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 5 Octobre à 02:25

    Bonsoir Fabrice, j'imagine la nuit dans son habit de deuil, celle que le jour délaisse pour aller briller dans un autre coin de ce monde... l'heure ou le poète dans le silence créatif fait ode à sa beauté aussi, étoilée et lunée... Bonne nuit mon p'tit... bises, jill

    2
    Vendredi 5 Octobre à 07:04

    Que j'aime lire tes poèmes mon cher Fabrice............

    C'est toujours plein d'émotion...♥

    Bisous de vendredi..........

    3
    Vendredi 5 Octobre à 09:41
    eMmA MessanA

    Ce poème est vraiment excellent, écrit d'une main de maître.
    J'aime particulièrement le "saule en pleurs (qui) pendule".

    Bravo Fabrice

    4
    Vendredi 5 Octobre à 16:00
    Renée

    Fabrice moi qui n'aime pas particulièrement la poésie suis a chaque fois conquise en te lisant. Bisous

    5
    Vendredi 5 Octobre à 17:36

    Coucou Fabrice,

    La veuve du soleil t'a inspiré de belles métaphores, et tout particulièrement celle-ci "saule en pleurs pendule".... bravo.

    Bises et bon vendredi

    6
    Vendredi 5 Octobre à 18:44
    jamais je ne l'avais imaginée en veuve, Dame lune pourtant en porte bien l'habit sous tes mots attendris de poète de la nuit ... amitié
    7
    Vendredi 5 Octobre à 20:33

    Superbe cette ode à la veuve du soleil, je me suis régalée à te lire . Le  pinceau du poète  révèle un magnifique univers.

    Bonne soirée 

    Bisous 

    8
    Vendredi 5 Octobre à 21:06

    Un texte aux rondeurs magiques, aux couleurs excentriques. Une réussite tout simplement.
    Maitre Fabrice a encore écrit! J'aime quand tu pars en vrille.
    Bises au poète fou et doux.

    9
    Vendredi 5 Octobre à 21:14
    LADY MARIANNE

    la veuve du soleil c’est super bien trouvé !
    que c'est beau, quel talent-
    un grand merci tu nous émerveille ! bon week-end-
    bisous-

    10
    Vendredi 5 Octobre à 22:25
    colettedc

    Oh ! Comme c'est beau, Fabrice ! Quelle imagination et quelle dextérité dans tes mots ! 

    Mille bravos et bonne fin de soirée !

    Bises♥

    11
    Mardi 9 Octobre à 17:51

    Ils ne font que se croiser comme les couples modernes et pourtant, le leur dure depuis une éternité ! Un poème plein de recherche et de finesse. Bonne soirée à toi. Bises. Joëlle

    12
    Paradisalia
    Samedi 20 Octobre à 07:36
    Tu donnes le ton, tu donnes le rythme et tes rimes tourbillonnent avec bonheur sous nos yeux ! Mais quel talent ! Bises
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