• Le regard sévère,

    La moustache austère,

    Le tronc s'assumant

    Dans un vieux dolman,

    Toujours le même,

    Qu'il porte avec un legging,

    Parfois, un bas de jogging...

     

    La mèche rebelle,

    Jaune mirabelle,

    Quasiment citron,

    Léchant un grand front,

    Toujours le même,

    À peine un peu plus plissé,

    Voire un chouïa relissé...

     

    Il marche comme un notaire,

    Muet comme un militaire,

    Ne dit bonjour qu'à ma sœur,

    Ne prend jamais l'ascenseur...

     

    Son parfum, mélange

    De rhum et d'orange,

    Hante les paliers

    Et les escaliers,

    Ça fait la une

    Des cancans de la cité

    Piquants de causticité...

     

    Curieux personnage,

    Qu'on dit en ménage

    Avec un python

    Baptisé Tonton,

    Ça fait la une

    Dans les bistros du quartier

    Où ça glousse du dentier...

     

    Il fait tourner ses platines

    Pour écouter des comptines,

    Piège corbeaux et moineaux

    Qu'il cuisine à ses fourneaux,

    L'inimitable,

    L'infréquentable

    Vilain voisin

    Dit le zinzin.

     

    Seule ma sœur peste,

    S'insurge et proteste :

    L'est gentil, Pablo,

    Y a pas plus réglo,

    Plus rigolo

    Que lui ! nous martèle-t-elle,

    La bouche en cœur, sûre d'elle.

     

     

     

     

    Le zinzin   Le zinzin

    pour la cour de récré de Jill Bill

    10058 © 2018


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  • De ma beauté, personne

    Ne m'avait tant parlé,

    Sauf toi, que je soupçonne

    De m'avoir constellé

    De ton amour-lumière.

    Et c'est une première...

    Je ne grimace plus.

     

    De la beauté des choses,

    Je n'avais retenu

    Que quelques fleurs écloses,

    Et, sur le fil ténu

    De ma piètre existence

    Tanguait mon inconstance ;

    Je ne t'attendais pas.

     

    La beauté de ton être,

    Son dehors, son dedans...

    Soleil à ma fenêtre !

    Si tu montres les dents,

    C'est souvent pour sourire.

    Quelquefois, pour me dire :

    Ne te tourmente plus.

     

    Sur la beauté des choses,

    Tu tends à disserter

    Longtemps ; toutes tes proses,

    Loin de déconcerter

    Mon oreille indiscrète,

    Je les bois d'une traite.

    Ne t'en doutes-tu pas ?

     

    La beauté de ton âme

    Se mire dans mon cœur ;

    Je la vois, je me pâme.

    Ô si douce liqueur

    Qui chaque jour m'enivre !

    Ô mon bonheur de vivre

    Que je n'espérais plus !

     

    Pour la beauté du geste,

    Nous nous épouserons,

    Tout en sachant, du reste,

    Que nous nous aimerons,

    Avec ou sans mairie.

    Simple coquetterie.

    L'amour n'en dépend pas.

     

     

     

     

    Beautés

    10048 © 2018


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