• J'étais roux, j'étais rond,

    Souvent le dernier de la classe...

    Jusqu'à mes dix-huit ans,

    Je pataugeais dans la mélasse.

     

    Tête de potiron,

    Qu'on me surnommait au village...

    Pas si simple, à sept ans,

    De se sentir en décalage !

     

    J'étais le laideron,

    Pire ! Une erreur de la nature !

    Mes parents maltraitants

    Me choyaient à coups de ceinture.

     

    C'était lui, le fleuron,

    Le préféré de la famille,

    Le plus beau pour longtemps,

    Mon cadet blondinet, Camille.

     

    Moi, j'étais le mouron,

    Le souci, le bâtard, le chancre,

    Sans bac à dix-huit ans,

    Petit vaurien, graine de cancre...

     

    Chaque fois qu'un juron

    Imprimait en moi son empreinte,

    Les lendemains chantants

    S'éloignaient, semblaient hors d'atteinte.

     

    J'étais roux, j'étais rond,

    Timide, et n'attirais personne

    Jusqu'à mes vingt-sept ans.

    Puis, un jour, j'ai quitté l'Essonne...

     

    Tête de potiron,

    Moins rond, presque chauve, a su plaire

    Aux yeux si consentants,

    Si bleus, d'une fille exemplaire.

     

    Je m'appelle Aaron.

    J'habite Porte d'Italie.

    Je viens d'avoir trente ans.

    Demain, j'épouse Nathalie.

     

     

     

     

    Tête de potiron   Tête de potiron

    écrit pour la cour de récré de Jill Bill

    10388 © 2018


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  • Mercédès roule roule pour...

    Ah ! Mystère et boule de gomme !

    À quel quidam, à quel bonhomme

    A-t-elle offert son cœur d'amour ?

     

    La rumeur a bien son idée.

    Mais, vous le savez, la rumeur,

    Elle change souvent d'humeur

    Et n'est pas toujours validée.

     

    Sous le capot de Mercédès

    Tourne un moteur qui fume, fume...

    Qui donc chante au clair de sa brume ?

    Non, non, ce n'est pas Henri Dès !

     

    La rumeur joue à la comptine

    Qui parlote à tous les comptoirs,

    Qu'on crache sur tous les trottoirs ;

    C'est partout qu'on se la coltine.

     

    Mercédès, d'après le curé

    Qui l'aurait reçue à confesse,

    N'aurait offert nul bout de fesse

    À nul homme, il nous l'a juré !

     

    Serait-elle alors une sainte,

    Moins nitouche qu'il n'y paraît ?

    Allons bon ! Mais qui le croirait !

    D'aucuns d'ailleurs la voient enceinte...

     

    Mon bidon, c'est du chocolat

    Stocké pour l'hiver qui s'approche.

    Et votre flan, c'est lourd, c'est moche !

    Répond-elle d'un coup d'éclat.

     

    En secret, le curé me souffle :

    Voulez-vous un scoop en béton ?

    Elle se donne à Jeanneton.

    Ah ! Voilà qui vous époustoufle !

     

    Mercédès avec Jeanneton...

    Celle qui monte sur l'échelle

    Pour qu'on regarde en dessous d'elle ?

    Celle qui redoute, dit-on,

    Son doux jaloux de vieux croûton ?

     

     

     

     

    Le scoop du curé   Le scoop du curé

    écrit pour la cour de récré de Jill Bill

    10378 © 2018


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