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    Le danger se rit de l'ange

    Dont l'amour ailé te lange,

    Il veut corrompre ton cœur ;

    C'est un insecte piqueur,

    Un nuisible

    Invisible

    Qui finit souvent vainqueur.

     

    L'ange croit mener la danse,

    Ou le pense, à l'évidence ;

    Il ne sent rien arriver,

    Continue à cultiver

    L'euphorie

    Et parie

    Sur demain, sans se priver.

     

    Le danger, bientôt, fragmente

    La musiquette charmante

    En silences tapageurs ;

    Les derniers accords majeurs

    Se délitent

    Ou militent

    Pour des solos naufrageurs.

     

    L'ange se réveille à l'heure

    Où demain n'est plus qu'un leurre ;

    Dieu qu'il te semble affadi

    Face au démon de midi

    Qui t'enlève

    À son rêve !

    Tu t'enfuis comme un bandit...

     

    Le danger, qu'il se prénomme

    Ennui, Lassitude, gomme

    Les promesses, les serments,

    Se moque des sacrements

    Quand il passe,

    Quand il casse,

    Détourne les sentiments.

     

     

     

     

    Le danger

    20760 © 2020


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    Qu'imagines-tu, mon garçon,

    Tous les mâles qu'elle butine

    Doivent jouer à sa façon ;

    Gare à celui qui cabotine !

     

    Sur les planches de son désir,

    Elle dirige, elle domine,

    Contente-toi de son plaisir,

    Lequel à sa guise chemine ;

     

    Ne lui parle jamais d'amour,

    Ça l'irrite quand elle dîne ;

    Ne lui fais même pas l'humour,

    Car Madame hait qu'on badine.

     

    Sois souple, docile, muet,

    Mets du sourire à ta bobine,

    Prends le vent comme le bleuet,

    Ne trafique aucune combine...

     

    Si tu refuses le marché,

    Va-t'en siffler sur la colline,

    Sinon, jouer à chat perché

    Avec Rose, Anne et Caroline !

     

    Si tu veux un amour posé,

    Séduis sa meilleure copine,

    Si tu rêves d'être épousé,

    Compte plutôt sur Philippine...

     

    Qu'imaginais-tu mon garçon,

    Madame hait la seccotine !

    L'homme est pour elle un échanson

    D'un soir, une simple tétine.

     

     

     

     

    Madame   Madame

    20750 © 2020


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  • Le cours d'eau et le fleuve humain 

    Tout doucement va la source,

    Serpentant dans la forêt.

    Sans atteindre la Grande Ourse,

    Et ce n'est pas un secret,

    Elle élève vers les nues

    Chaque arbre qu'elle nourrit ;

    Faune et flore, entretenues,

    Dans sa ligne ont un abri.

     

    D'elle naît d'abord la sève.

    Puis la fleur, et puis le fruit.

    L'animal trouve sa fève,

    La vie amène son bruit...

     Pour en savoir davantage sur l'artiste Mona Caron et son travail, un clic ici 

    Moins doucement va la foule,

    Cheminant dans la cité.

    Torrent de sang chaud qui coule

    Avec efficacité,

    Elle élève vers les nues

    Chaque ambition qu'elle étreint,

    Se trace des avenues

    Qu'elle irrigue à fond de train.

     

    D'elle naît d'abord le monde.

    Puis la guerre, et puis l'espoir.

    L'Homme sème dans la ronde

    Sa vie, entre rose et noir...

     

    Du sous-bois jusqu'à la ville,

    De la rue à la forêt,

    Mona Caron se faufile

    Et son pinceau parle vrai ;

    Elle les peint symétriques

    Le cours d'eau, le fleuve humain,

    Les branches vertes, les briques,

    Sur la route de demain.

     

    Un même courant de vie

    Dans deux environnements,

    Un même courant de vie

    Dicte tous les mouvements.

     

     

     

     

    Le cours d'eau et le fleuve humain   Le cours d'eau et le fleuve humain

    20740 © 2020


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    D'aucuns s'étonnent, Philibert,

    Que tu prises le camembert

    Plus que le mafé, car l'histoire

    Qu'ils croient lire sur ta peau noire

    Ne racontent que les clichés

    Qu'ils se racontent ;

     

    Ils n'entendent pas, Philibert,

    Quand tu leurs parles de Flaubert.

    Comment cette littérature

    Pourrait-elle être ta culture !

    Déniant tes goûts affichés,

    Ils se racontent...

     

    Ils se racontent, Philibert,

    Que tu t'en viens rafler l'auber

    Qui devait renflouer leurs bourses,

    Que tes pieds salissent leurs sources ;

    Leurs mots sont à peine mâchés

    Quand ils racontent

     

    Qu'ils t'enverraient bien, Philibert,

    Valser, d'un bon coup de faubert ;

    Que fais-tu donc à Montparnasse ?

    C'est à Bamako qu'est ta place !

    Sur leurs certitudes juchés,

    Ils se racontent

     

    Que tu ramènes, Philibert,

    Des cafards, que ton camembert

    Sert à l'élevage de mouches,

    Que même tes enfants sont louches,

    Ces délinquants, ces débauchés.

    Quoi qu'ils racontent,

     

    Ils nous racontent, Philibert,

    Eux, qui n'ont pas tous lu Flaubert

    Mais pensent posséder la France,

    Le roman de leur ignorance.

    Continue à marcher tout droit,

    Et, si parfois ton cœur a froid,

    Vois cette foule qui se lève

    Pour aller plus loin que le rêve.

     

     

     

     

    Philibert de Montparnasse   Philibert de Montparnasse

    20730 © 2020


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