• Mercédès roule roule pour...

    Ah ! Mystère et boule de gomme !

    À quel quidam, à quel bonhomme

    A-t-elle offert son cœur d'amour ?

     

    La rumeur a bien son idée.

    Mais, vous le savez, la rumeur,

    Elle change souvent d'humeur

    Et n'est pas toujours validée.

     

    Sous le capot de Mercédès

    Tourne un moteur qui fume, fume...

    Qui donc chante au clair de sa brume ?

    Non, non, ce n'est pas Henri Dès !

     

    La rumeur joue à la comptine

    Qui parlote à tous les comptoirs,

    Qu'on crache sur tous les trottoirs ;

    C'est partout qu'on se la coltine.

     

    Mercédès, d'après le curé

    Qui l'aurait reçue à confesse,

    N'aurait offert nul bout de fesse

    À nul homme, il nous l'a juré !

     

    Serait-elle alors une sainte,

    Moins nitouche qu'il n'y paraît ?

    Allons bon ! Mais qui le croirait !

    D'aucuns d'ailleurs la voient enceinte...

     

    Mon bidon, c'est du chocolat

    Stocké pour l'hiver qui s'approche.

    Et votre flan, c'est lourd, c'est moche !

    Répond-elle d'un coup d'éclat.

     

    En secret, le curé me souffle :

    Voulez-vous un scoop en béton ?

    Elle se donne à Jeanneton.

    Ah ! Voilà qui vous époustoufle !

     

    Mercédès avec Jeanneton...

    Celle qui monte sur l'échelle

    Pour qu'on regarde en dessous d'elle ?

    Celle qui redoute, dit-on,

    Son doux jaloux de vieux croûton ?

     

     

     

     

    Le scoop du curé   Le scoop du curé

    écrit pour la cour de récré de Jill Bill

    10378 © 2018


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  • Un oiseau, sur la branche,

    A trillé tout le jour.

    Voici que se déhanche,

    Au-dessus de la cour,

    En nuisette marine,

    La veuve du soleil.

     

    Un escadron débarque

    En uniforme d'or

    Pour veiller le monarque ;

    Le grand bazar s'endort

    Sous l’œil de la tzarine,

    La veuve du soleil.

     

    L'oiseau ferme son arbre,

    Son ramage s'éteint ;

    Un silence de marbre,

    Revenu du lointain,

    L'air de rien, endoctrine

    La veuve du soleil.

     

    C'est l'heure qu'un poète

    Choisit pour s'arracher

    À sa torpeur muette ;

    Il espère coucher

    Sur sa page ivoirine

    La veuve du soleil.

     

    Un autre oiseau hulule.

    Un chien hurle à la mort.

    Un saule en pleurs pendule

    Au vent du nord qui mord.

    Pourtant, rien ne chagrine

    La veuve du soleil.

     

    Le poète s'empresse

    De tendre un traquenard

    À la belle négresse,

    Qui tombe dans son art ;

    Voici mise en vitrine

    La veuve du soleil.

     

    Quand l'aube doit renaître,

    Le roi ressusciter,

    L'oiseau bleu se remettre

    À triller, à chanter,

    Par le levant citrine,

    La veuve du soleil,

    Quoi qu'imagine et fasse

    Le poète, s'efface.

     

     

     

     

    La veuve du soleil

    10368 © 2018


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